ÉLECTIONS RÉGIONALES À LA MARTINIQUE : SUGGESTION D'UN JEU DE RÔLES
Le peuple est le même partout. Quand on dore ses fers il ne hait pas la servitude
Napoléon Bonaparte
L'allocution du 17 juin 1940 du maréchal Pétain
Allocution prononcée à la radio française le 17 juin 1940.
Français!
A l'appel de M. le président de la République, j'assume à partir d'aujourd'hui la direction du gouvernement de la France. Sûr de l'affection de notre admirable armée, qui lutte avec un héroïsme digne de ses longues traditions militaires contre un ennemi supérieur en nombre et en armes, sûr que par sa magnifique résistance elle a rempli son devoir vis-à-vis de nos alliés, sûr de l'appui des anciens combattants que j'ai eu la fierté de commander, sûr de la confiance du peuple tout entier, je fais à la France le don de ma personne pour atténuer son malheur.
En ces heures douloureuses, je pense aux malheureux réfugiés, qui, dans un dénuement extrême, sillonnent nos routes. Je leur exprime ma compassion et ma sollicitude. C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut cesser le combat (*).
Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités.
Que tous les Français se groupent autour du gouvernement que je préside pendant ces dures épreuves et fassent taire leur angoisse pour n'écouter que leur foi dans le destin de la patrie.
(*) Tel est le texte qui fut prononcé. Sur la suggestion de Paul Baudouin, ministre des Affaires étrangères, la phrase fut rectifie - inutilement et maladroitement - de la manière suivante : " C'est le cœur serré que je vous dis aujourd'hui qu'il faut tenter de cesser le combat. "
Le texte de l'appel du 18 juin 1940 du Général de Brigade, Charles de Gaulle
Discours du Général de Gaulle prononcé à la radio de Londres le 18 juin 1940. Cet appel n'a pas été enregistré.
«Les chefs qui, depuis de nombreuses années, sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s'est mis en rapport avec l'ennemi pour cesser le combat.
Certes, nous avons été, nous sommes, submergés par la force mécanique, terrestre et aérienne, de l'ennemi.
Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd'hui.
Mais le dernier mot est-il dit ? L'espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive? Non!
Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n'est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire.
Car la France n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle n'est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l'Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l'Angleterre, utiliser sans limites l'immense industrie des États-Unis.
Cette guerre n'est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n'est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances, n'empêchent pas qu'il y a, dans l'univers, tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd'hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l'avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.
Moi, Général de Gaulle, actuellement à Londres, j'invite les officiers et les soldats français qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j'invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d'armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s'y trouver, à se mettre en rapport avec moi.
Quoi qu'il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s'éteindre et ne s'éteindra pas.
Demain, comme aujourd'hui, je parlerai à la Radio de Londres. »
Winston Churchill
Ce même matin, 17 juin, à Bordeaux, de Gaulle se rendit à l'aérodrome avec son ami Spears. Ils se serrèrent la main, se dirent au revoir, puis dès que l'appareil commença de rouler, de Gaulle sauta dedans et fit claquer la porte. L'avion s'enleva dans les airs, tandis que les policiers et les officiers restaient bouche bée. De Gaulle, dans ce petit avion, emportait avec lui l'honneur de la France.
Le même soir, il lança à la radio son célèbre appel au peuple français.
Winston S. Churchill, Premier ministre de Grande-Bretagne.
Mémoires sur la Deuxième guerre mondiale. L'heure tragique, mai - décembre 1940. La chute de la France, Paris, Plon, 1949.
Ces trois textes appartiennent à l'histoire de la France et de son empire colonial. La France métropolitaine se trouvait en ce mois de juin 1940 militairement vaincue et défaite, envahie par l'Allemagne nazie. Les deux premiers textes s'opposent, le premier appelle à la capitulation qui entraina la collaboration avec l'envahisseur, le second appelle à la résistance à l'envahisseur. Le dernier texte est le commentaire fait par un grand témoin et un acteur aussi de cette tragédie..
Martiniquaises et martiniquais, même si vous avez participé de diverses manières à cette seconde guerre mondiale, mon souhait est que vous transposiez tous ces textes et ces faits à la Martinique. Qui parmi vous serait aujourd'hui le maréchal Pétain qui collabora avec l'envahisseur ? Qui parmi vous serait aujourd'hui le Général de Gaulle qui fonda la résistance à l'envahisseur ? Qui est aujourd'hui votre envahisseur ? Que seraient aujourd'hui vos alliés ? Qui serait le grand témoin a une importance moindre, mais son propos « De Gaulle emportait avec lui l'honneur de la France. » doit être transcrit comme tel « Qui emportera avec lui l'honneur de la Martinique ? »Cet épisode de l'histoire de France pouvait être transcrit au référendum du 10 janvier 2010. Je ne suis pas sûr que vous connaissiez alors cette citation de Napoléon Bonaparte ni que vous ayez joué à ce jeu de rôles. Mais elle peut l'être encore au prochaines élections régionales du 11 mars 2010. Cette fois vous n'aurez pas l'excuse de ne pas être informés de cette transposition facile et judicieuse.
Je vous demande de bien identifier qui tiendra les deux rôles parmi les vôtres. Qui est l'envahisseur ? C'est assez simple. Je vous demande de quel côté vous vous situerez par rapport à vos conclusions. Je vous demande de voter le 11 mars 2010 en conséquence, en votre âme et conscience. Le choix est simple : dissidence ou collaboration avec l'État colonial. Les conséquences de ce choix sont encore plus simples : dignité ou déshonneur. L'histoire n'est qu'un éternel recommencement.
Photo du Logo : un possible grand témoin et un acteur analogue à Winston S. Churchill.
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